Spécial CERISE !

Nous vous avions invité le 10 Juin 2019, sur notre verger de cerisiers, mais la météo n’a pas permis à nombre d’entre vous de nous rejoindre. Il a en effet plu tout le matin. 
Pourtant la cerise, le premier fruit à récolter de nos vergers, vient  à maturité  avec le soleil,  les   longues journées de fin de printemps, la chaleur,  elle annonce l’arrivée de l’été…  et bien ce lundi rien de tout cela…et à la place de la pluie, de la brume, du frais….

Quelques intrépides ont quand même fait une marche le matin  et après le repas (en replis dans une salle) une vingtaine de personnes nous ont rejoints pour cueillir des cerises.

 

LA CERISE

 La gourmandise des rois… et des oiseaux

La légende raconte que, durant leur migration, les oiseaux laissent tomber des noyaux tout le long de leur envolée et c’est ainsi que les cerisiers se retrouvent à l’état sauvage en France, en Europe, au Moyen-Orient et dans la région du Caucase.
Le célèbre général romain Licinius Lucullus et fin gastronome partait en campagne et en profitait pour ramener et faire découvrir l’épice rare, le fruit insolite. Vainqueur en 73 avant J.C de Mithridate VI, Lucullus est le premier à avoir rapporté en Italie « la perle rouge », la cerise d’Asie Mineure en Italie. Certains historiens parlent de Césaronte, d’autres des abords de la Mer Caspienne, une cerise plus douce que la sauvage des marchés d’Athènes et des abords du forum romain.

En France, dès le Moyen Âge, la cerise entre dans les menus, crue ou cuite dans le vin, elle est servie comme dessert. Ce fruit délicat et sucré était largement apprécié, mais aussi son bois, à la texture et à la finesse délicate.

L’école de médecine de Salerne (X au XIII siècle) en vante ces vertus en ces termes :

« Cerise, aimable fruit, quels biens tu nous procures !
Tu flattes notre goût, tu rends nos humeurs pures
Tu fais dans notre corps couler un sang nouveau,
Et pour les calculeux, tu donnes ton noyau. »

Parmis les conquis, on compte deux illustres personnages :
–  Louis XV en raffolait au point d’en encourager son développement en favorisant la découverte de nouvelles variétés. C’est à lui que l’on doit l’optimisation de la culture du cerisier moderne.
–  Quand à Napoléon, il a même donné son nom à l’une de ces cerises qu’il aimait tant, lui aussi.

 


La naissance d’une variété « Burlat »

Léonard Burlat, cultivateur-arboriculteur est né dans le Rhône en 1872. Mobilisé en 1915 au service du parc d’artillerie à Lyon, il remarque par hasard dans le quartier de Gerland (à cette époque encore peu urbanisé) un cerisier d’une belle prestance. Il y prélève alors des greffons et les greffe sur un merisier de sa propriété. Découverte inattendue et surprenante, une nouvelle variété venait de naître, celle là même qui constitue près d’un siècle plus tard la moitié de nos vergers.
Cette création ne rapportera cependant pas un denier à M. Burlat, car à cette époque, les variétés protégées n’existaient pas. Seule reconnaissance, une récompense honorifique fut rendue ; une rue de Loire-sur-Rhône porte désormais le nom de Léonard Burlat.


 

La saison de ce fruit rouge est courte. Un petit tour entre fin-mai et la mi-juillet, et la cerise disparaît. Il ne faut donc pas s’en priver car elle a toutes les qualités (gustatives, nutritives, santé…).

 

Une diversité étonnante

Entre les cerises douces (merise ou cerise sauvage, guigne, bigarreau) et les cerises acides (griottes, pour les confitures ou les eaux de vie), on dénombre plus de 600 variétés de cerises différentes. Seule une petite douzaine sont cultivées pour la consommation courante. La plus célèbre est la Burlat (famille des Bigarreau). Sucrée, fondante et juteuse, elle arrive sur les étals à mi-mai. Ensuite, c’est le tour de la Summit, de la Belge…

Un fruit qui n’aime pas la pluie

La cerise est fragile : la pluie la détériore très rapidement en la faisant éclater.

A manger le jour ou à congeler

Ce fruit aime bien qu’on le consomme vite. Idéalement dans les heures qui suivent l’achat. On peut les conserver deux à trois jours dans le bac à légumes. Mais il faut prendre garde car la cerise a tendance à prendre les odeurs des autres aliments. Mieux vaut la sortir du réfrigérateur une heure avant de la consommer pour qu’elle libère ses arômes et ses saveurs.

Si la « récolte a été très bonne » ou vos achats un peu ambitieux, vous pouvez la congeler. Le fruit, lavé, séché, équeuté, dénoyauté, le supporte très bien.

Un fruit plein de symboles

En Asie, les fleurs de cerisiers symbolisent le renouveau, la pureté, la prospérité. « Au Japon, la floraison des cerisiers coïncidant avec l’équinoxe de printemps est l’occasion de nombreuses cérémonies religieuses et réjouissances populaires », nous l’avons évoqué dans un précédent article.

Le fruit a été beaucoup représenté dans l’art européen, par exemple dans « La Vierge aux cerises » (Titien), « Nature morte avec des cerises et des fraises » (Osias Beert), ou encore « Cerises et pêches » (Paul Cézanne). De plus, « pour la religion chrétienne, la couleur rouge de la cerise évoque le sang versé par le Christ sur la Croix. C’est pourquoi les cerises sont très présentes dans les représentations de la Cène ».

En plus de la bien connue chanson « Le temps des cerises« , évoquant l’amour, la révolution et l’éphémère, le fruit est utilisé dans de nombreuses expressions. Avec souvent, une approche toute en paradoxe entre le précieux et la dévalorisation. Ainsi, « la cerise sur le gâteau », c’est la touche finale, ou « dans un sens plus large, le supplément de récompense ou le comble de l’ironie ». Comme la guigne est une variété de cerise considérée comme peu importante, « s’en soucier comme d’une guigne », c’est justement peu s’en inquiéter.

Pour aller plus loin, lien vers wikipedia     https://fr.wikipedia.org/wiki/Cerise

Et quelques recettes à base de cerises:      http://www.elle.fr/Elle-a-Table/Que-faire-avec/20-recettes-gourmandes-avec-des-cerises#20-recettes-gourmandes-avec-des-cerises

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